Dans la garrigue de Lamanon, la roche surgit entre les pins. Puis la paroi se creuse, révélant des façades taillées à même la falaise, comme si la montagne avait été habitée de l’intérieur.
À première vue, on pourrait croire à des abris néolithiques. Les premières traces de présence humaine remontent d’ailleurs à 3 500 ans avant notre ère. Pourtant, dans cette forêt archéologique à l’atmosphère presque mystique, le village troglodyte de Calès prend forme au XIIe siècle, lors de l’édification d’un château médiéval. Pour affirmer leur puissance et se protéger des attaques, les seigneurs font bâtir la forteresse dans la pierre locale. En extrayant les blocs, les carriers creusent des cavités qui deviennent des habitations. Naît alors un bourg castral ingénieux : seuils sculptés, rigoles d’écoulement, niches de rangement.
Les mystères du rocher
Détruit sur ordre d’Henri III au XVe siècle, le château a disparu, mais la porte sud-est et un pan de rempart veillent encore. Le parcours dévoile silos, grenier collectif, ancienne cuisine, systèmes de récupération d’eau. Dans la pierre, des gravures intriguent : signes astrologiques, cercle solaire et figures géométriques. Classées parmi les sites et monuments naturels de caractère artistique depuis 1918, les grottes de Calès composent un paysage où l’histoire semble intacte.
Le cœur spirituel du village
Érigée au XIIe siècle en même temps que le château, l’église romane Saint-Denis située non loin de là, se dresse à nouveau dans toute sa splendeur. Lorsque les paroissiens descendirent vers la plaine et firent bâtir une nouvelle église, elle fut peu à peu désertée. Aujourd’hui entièrement restaurée, elle veille à nouveau sur le site.
Après sept années de travaux, financés notamment par le Département des Bouches-du-Rhône, Calès offre aujourd’hui une échappée rare et mystique dans la mémoire médiévale.




