Au-dessus d’Allauch et de Mimet, le massif de l’Étoile déploie un décor saisissant. Le chemin de Notre-Dame des Anges y trace une ligne claire entre pins, garrigue, pitons rocheux et crêtes ouvertes sur l’horizon. Une balade à la fois sportive et contemplative.
Ici, l’histoire débute en 1220, lorsqu’un ermite franciscain, frère Jean, choisit une grotte pour refuge. La légende veut qu’il y ait entendu, un jour d’Assomption, le chœur des anges accompagner ses chants. Le lieu prend son nom et attire bientôt d’autres ermites. Plus tard, les consuls d’Aix et de Marseille se disputent ce promontoire spirituel, tour à tour occupé par des bénédictins puis par les franciscains. En 1640, l’Ordre des Oratoires, proche de Richelieu, consacre définitivement le site, fait bâtir un ermitage et un monastère, détruit à la Révolution.
Depuis Plan-de-Cuques ou Gardanne, le sentier s’élève en lacets vers le sommet. Les oratoires surgissent au détour d’un virage, silhouettes de pierre guidant la progression. Certains ont été restaurés, perpétuant ce dialogue entre patrimoine et paysage. Le relief révèle alors toute sa splendeur. Les dolomies jurassiques dressent leurs aiguillons au cœur de la nature. Au col Sainte-Anne, le panorama coupe le souffle : la Méditerranée scintille d’un côté et le mont Ventoux se dessine au loin.
C’est aussi dans cette grotte qu’apparaît au XVIIe siècle la première crèche provençale dans laquelle, les Oratoriens introduisent les santons venus d’Italie. Deux figurines sont encore conservées dans l’église de Mimet, vestiges d’une tradition qui résiste au temps.
Huit siècles plus tard, le chemin de Notre-Dame des Anges demeure une échappée, où le paysage se mêle à une histoire vieille de huit siècles.



