Philippe Caveriviere Showtime

Philippe Caverivière, humoriste, chroniqueur et animateur, a bâti une carrière polyvalente qui lui permet de briller sur tous les fronts. Chroniqueur impertinent dans l’émission « Quelle Époque » sur France 2, il a longtemps été l’œil de Phil aux côtés de Léa Salamé, rôle qu’il met pour l’instant entre parenthèses afin de se consacrer pleinement à son nouveau one-man-show, « Tu crois que c’est une bonne idée ? » Il apporte également sa touche humoristique à l’antenne de RTL grâce à son impertinence. C’est avec grand plaisir que nous l’accueillons pour partager un moment placé sous le signe de la décontraction et du franc-parler !

Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de vous lancer dans un one-man-show ?

Je suis quelqu’un d’assez velléitaire… À la base, je ne voulais faire ni radio ni télévision. Mais quand je fais les choses, je les fais à fond. Et puis il y a eu les retours du public, des auditeurs : “À quand un spectacle ?” Je me suis dit qu’il y avait une vraie envie de passer plus de temps avec moi, au-delà de quatre minutes à l’antenne. Ensuite, des gens comme Dany Boon ou Gad Elmaleh m’ont dit : “Ne passe pas à côté de l’émotion du spectacle.” Et moi, quand on me parle d’émotion, ça me touche. Je me suis dit qu’il n’y avait rien qui pouvait remplacer ça… et que je ne l’avais encore jamais vécu. Pendant des années, je suis allé voir leurs spectacles, ceux de Foresti aussi, en me disant : ils sont trop forts. Et puis à force d’être encouragé, je me suis lancé. Le temps passe, il ne fallait pas passer à côté.

Du coup, on a envie de vous poser la question… c’était une bonne idée alors ? (Rires)

Je me la suis vraiment posée. Parce que c’est un engagement fort :
trois ans de tournée, une vie entre parenthèses. On embarque beaucoup de monde dans l’aventure, la production, mon entourage, ma femme, mon ami Laurent… Je me suis dit : et si je n’aimais pas ?
Si je décevais ? Si c’était un long tunnel ? Et en fait, pas du tout.
Je suis très heureux sur scène, et même très impatient. Les gens sont là, ils s’organisent, prennent un baby-sitter, viennent passer une heure et demie avec moi… Ça crée une responsabilité, mais aussi une énergie incroyable.

D’ailleurs, comment est né ce titre, à la fois drôle et intriguant ?

Le titre a un double sens… et je me suis promis de ne jamais l’expliquer en promotion. Parce qu’au moment où il est révélé sur scène, vers la fin du spectacle, il se passe quelque chose : un silence, puis un souffle dans le public. Une forme de sidération que j’adore. Donc pour comprendre… il faut venir le voir.

 

 

Qu’est-ce que la scène vous apporte que la télévision ne vous offre pas aujourd’hui ?

J’ai toujours été très libre dans mes textes, que ce soit en radio ou en télévision, c’est une condition essentielle pour moi. Mais sur scène, c’est différent. On est dans une bulle. Les gens sont là pour moi, ils aiment cette “cuisine”, ces épices-là. Je peux aller encore plus loin. Et surtout, il y a une vraie complicité. À la radio ou à la télé, il peut y avoir des invités que ça n’intéresse pas. Là, c’est l’inverse : ce sont des gens qui viennent pour partager un moment, qui me connaissent depuis plusieurs années… et on concrétise enfin cette rencontre.

L’humour est au cœur de votre travail. Comment choisissez-vous vos sujets, et quel est votre style d’humour ?

L’humour, pour moi, c’est un grand buffet. Il y a du sucré, du salé, parfois de l’amertume. J’aime qu’il y ait toutes ces saveurs, toutes ces couleurs dans un spectacle. Il y a beaucoup d’humour noir, un humour qui pique, qui dérange, qui secoue. J’aime ça. Mais j’aime aussi qu’il y ait de l’émotion. Ce qui me caractérise sans doute le plus, c’est cet humour noir appliqué à des sujets graves. Rire de choses qui, normalement, ne font pas rire. Parce que c’est interdit… et donc profondément libérateur.

Avec ce spectacle, aviez-vous envie de montrer une facette plus personnelle, plus intime de vous ?

Ça s’est fait assez naturellement. Déjà, prendre la parole cinq minutes en chronique, c’est presque prétentieux. Alors proposer aux gens de passer 1h30 avec moi… Mais les retours du public me montrent qu’on leur propose quelque chose qu’ils n’attendaient pas, et qu’ils sont heureux de découvrir. Je repense à cette phrase entendue dans un restaurant : “Je vais prendre ça, justement parce que je ne connais pas.” Et je trouve ça très juste. On choisit souvent ce qu’on connaît déjà… alors que la surprise, c’est ça qui est génial. Je pense qu’on a réussi à créer ça : offrir quelque chose d’inattendu, mais qui fait plaisir.

Sur RTL, votre regard est à la fois vif, décalé et délicieusement acerbe. Comment trouvez-vous le bon équilibre ?

C’est très variable, notamment selon la personne que j’ai en face.
Une vanne, c’est toujours un pari. On ne sait jamais. Et contrairement à ce que disent certains “experts”, moi je sais surtout que je ne sais pas. Tous les jours, je me trompe. Il y a des blagues qui marchent en radio mais pas en télé, d’autres sur scène… c’est très mystérieux. Avec le temps, j’apprends aussi à connaître mes interlocuteurs.
Par exemple, avec François Hollande, je sais que je peux aller loin :
il a de l’humour. Avant, j’étais gêné quand un invité ne riait pas. Aujourd’hui, beaucoup moins. Parce que l’auditeur, lui, comprend. L’absence d’autodérision dit aussi quelque chose de la personne.
Moi, j’essaie surtout de dire quelque chose d’intelligent, avec de l’énergie, du sourire… et de prendre du plaisir. Parce que je me dis que c’est un petit rendez-vous important dans la journée des gens.
Je suis un peu comme un café du matin. (Rires)

Quels sont vos futurs projets ?

Avec Laurent Vassilian, on a déjà envie d’écrire une pièce de théâtre après la tournée. On ne sait pas encore sur quel sujet, mais on veut rester dans cet humour qu’on aime : celui qui dérange, qui provoque des réactions, des “oh !” dans le public. Moi, en tant que spectateur, j’adore me dire : “Il n’a pas osé dire ça…” L’audace, c’est ça qui m’intéresse.

Que pourriez-vous souhaiter aux lecteurs de LiFE Magazine ?

À ceux qui me connaissent, d’avoir envie de venir voir le spectacle… ou de le revoir. Et à ceux qui ne me connaissent pas encore, d’avoir envie de me découvrir. Parce que ce que j’aime par-dessus tout, c’est la rencontre. Le matin, je parle à un million de personnes depuis un studio… sans les voir. Heureusement d’ailleurs. (Sourire) Mais aujourd’hui, ce que je préfère, c’est justement ces moments où je les rencontre pour de vrai. Il s’y passe toujours quelque chose de très beau.