Elsa Zylberstein L’élégance du jeu

Elsa Zylberstein s’inscrit depuis plusieurs décennies dans une trajectoire singulière du cinéma français, entre exigence artistique et rôles profondément incarnés. Révélée dans les années 1990, elle a su construire une filmographie riche et sensible, naviguant avec justesse entre cinéma d’auteur et œuvres populaires. Elle sera prochainement à l’affiche, aux côtés de Christian Clavier, dans un nouveau long-métrage, confirmant son ancrage dans un cinéma accessible et populaire. C’est pour le plus grand plaisir des lecteurs de LiFE Magazine qu’elle se confie dans ces pages.

Après une carrière riche et exigeante, qu’est-ce qui vous anime aujourd’hui dans vos choix de rôles ?

La rencontre avec un personnage, la rencontre avec un metteur en scène. Aller dans un univers que je n’ai pas encore exploré. Aller vers des rôles qui me donnent le vertige, où je sais que je vais pouvoir ouvrir des portes intimes que je n’ai pas encore ouvertes. Me dépasser, me faire peur, ne pas m’épargner. Aller vers le risque…

Cherchez-vous encore à vous surprendre dans vos rôles ?

Tous les jours, tout le temps, je cherche le miracle à chaque scène et la vérité absolue à chaque seconde. Il n’y a qu’à ce prix que les choses m’intéressent… trouver la vérité d’un personnage.

Vous vous êtes récemment exprimée sur l’intelligence artificielle au cinéma : est-ce un sujet qui vous inquiète ou vous stimule aujourd’hui ?

Non, cela ne m’inquiète pas. Les acteurs sont uniques. On ne remplacera jamais un gros plan d’Anna Magnani, Gena Rowlands ou Meryl Streep. Comme disait Baudelaire,
« les plus belles émotions sont celles que l’on n’arrive pas à expliquer ». Ce qui me bouleverse chez un acteur, c’est qu’on ne sait pas comment il fait. Cela peut être une zone indéfinie, trouble, pas qualifiable. Ce qui est beau, c’est quand l’acteur nous amène dans une zone mystérieuse et cela n’est pas remplaçable. Il faut prendre l’IA comme un outil et un plus pour la suite.

Vous venez de tourner « Malika » sous la direction de Mounia Meddour, où vous incarnez une professeure de chant : qu’est-ce qui vous a séduite dans ce rôle ?

J’avais envie de travailler avec Mounia depuis longtemps. On s’était rencontrées au Jury d’Un Certain Regard à Cannes. J’ai aimé sa force vitale et son énergie. J’avais très envie d’explorer avec elle ce personnage de professeure de chant qui veut transmettre à cette jeune chanteuse d’opéra, au parcours si unique, son savoir. Et la relation de ces deux femmes m’a intéressée.

Avec le recul, quel regard portez-vous sur votre trajectoire dans le cinéma français ?

Je me dis que j’ai encore tellement de choses à faire, tellement de gens avec lesquels je n’ai pas encore travaillé. J’ai déjà eu des rencontres merveilleuses. J’en veux d’autres vertigineuses et inattendues mais j’ai déjà eu la chance de pouvoir aller dans des mondes très différents.

Après « C’était mieux demain », film sorti en 2025, que vous a apporté votre travail avec Didier Bourdon ?

Un scénario exigeant et très écrit. Et en même temps, un premier film et c’était génial ! Ce fut un bonheur de travailler avec Didier. L’originalité du film m’a séduite. Cette femme des années 50 qui est transportée en 2025. C’est un film féministe qui parle de la place de la femme dans la société. Et comme le film a été un grand succès, ça m’a réjouie !

Vous préparez également un film que vous avez coécrit avec Michaël Pierrard, inspiré de « Mytho », dans lequel vous tiendrez le rôle principal : que pouvez-vous nous en dire ?

C’est inspiré du personnage de Mytho et des petites pastilles que j’ai créées pendant le confinement. Après, il a fallu écrire un scénario avec une histoire qui n’a rien à voir avec le confinement évidemment. Je vais coréaliser mon premier film. Cela m’enthousiasme tellement !

Êtes-vous une femme de passion ou de raison ?

Assurément de passion !

Que pouvez-vous souhaiter aux lecteurs du LiFE Magazine ?

Je peux leur souhaiter l’audace, la foi, la puissance des rêves, de croire en son étoile et comme disait Nietzsche, « il faut avoir du chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse ».