Hélène Darroze La gourmandise à l'état pur

Née en 1967 à Mont-de-Marsan, Hélène Darroze grandit au sein d’une famille d’hôteliers. En effet, cette tradition remonte à 1895 lorsque son arrière-grand-père ouvre l’auberge Le Relais, à Villeneuve-de-Marsan. Depuis lors, la passion pour la gastronomie s’est transmise de générations en générations dans la famille Darroze.

Elle est marquée, dans son enfance, par les marchés des Landes où son père achetait des produits des terroirs de ce département : cèpes, œufs, foie gras, volailles, viande Bœuf de Chalosse, saumons de l’Adour, agneaux de lait des Pyrénées.

Bien décidée à suivre les pas de ses prédécesseurs, Hélène Darroze entame des études à Sup de Co Bordeaux afin de maîtriser les rouages de l’hôtellerie et la gestion d’une entreprise. Son diplôme en poche, la jeune femme passe trois années en cuisine auprès d’Alain Ducasse, qui devient son mentor, dans le prestigieux restaurant Louis XV. Alors qu’elle se dirigeait vers l’administration de l’établissement, Alain Ducasse l’encourage à se mettre aux fourneaux, décelant en elle un potentiel rare.

En 1993, elle reprend le restaurant familial « Chez Darroze ».
Le succès ne se fait pas attendre : elle est récompensée deux ans plus tard en devenant Jeune chef de l’année 1995.
L’année suivante, c’est au tour de Jacques Chirac d’être conquis par la cuisine d’Hélène Darroze.

Souhaitant voler de ses propres ailes, elle revend le restaurant familial afin d’implanter son nouvel établissement dans la capitale, « Hélène Darroze ». Le restaurant ne désemplit pas, et est sacré un an après son ouverture par une étoile au guide Michelin. Elle en obtient une seconde entre 2003 et 2010.

 

 

Parallèlement à son propre restaurant, Hélène Darroze met son talent au service de l’hôtel The Connaught, restaurant londonien pour lequel elle est également étoilée en 2011.

La cheffe est donc à la tête de plusieurs établissements dont Joia qui s’apprête à rouvrir avec une nouveauté, la terrasse à l’esprit naturel ainsi que le take-away.

Hélène Darroze est passionnée par l’art du bien manger et participe par ailleurs depuis 2015 à l’émission Top Chef sur la chaîne M6.

Cheffe étoilée, Hélène Darroze à la tête de trois restaurants, un à Londres et deux à Paris, nous ouvre les portes de son univers gourmand et nous parle de son implication dans l’émission Top chef sur M6 et de ses projets pour l’année 2021…

Vous attaquez la 12ème édition de l’émission Top Chef sur M6, vous donnez une image réconfortante, toujours à l’écoute, à booster votre équipe, est-ce ainsi que vous êtes au quotidien avec votre propre brigade ?

Je suis quelqu’un d’exigeant mais qui reste à l’écoute de mes collaborateurs. Tous les gens qui travaillent avec moi disent que mon management est différent. On est une équipe, presque une famille et je veux garder cet état d’esprit. Je peux compter sur eux et ils savent qu’ils peuvent compter sur moi.

N’est-il pas compliqué de concilier votre vie devant les fourneaux, vos nouvelles ouvertures de restaurants et vos obligations télévisuelles ?

Je vis à un rythme d’enfer, je prends beaucoup de plaisir à faire ce métier, ce sont des rencontres, de l’adrénaline, des joies intenses mais aussi beaucoup de difficultés parfois lourdes à gérer ! Cependant mon rôle de maman et l’épanouissement de mes filles reste LA priorité.

Vous êtes à la tête de plusieurs établissements, comment faites-vous pour garder un œil attentif sur chacun d’entre eux ?

En étant très bien entourée par des équipes que j’ai formées depuis 10 ans, en me concentrant sur l’essentiel. Arrivée à un certain niveau, il faut savoir déléguer et responsabiliser ses collaborateurs. J’ai longtemps refusé de le faire. Il a fallu l’ouverture de mon restaurant à Londres pour que je saute le pas : je ne pouvais plus tout gérer seule. Le plus difficile ne fut pas de laisser les autres agir à ma place, mais de me défaire de la culpabilité de ne pas être à leur côté dans des moments clés. Pour bien travailler ensemble, il faut parler le même langage et agir dans le même esprit. Le reste n’est plus qu’une question d’organisation : échanges quotidiens, réunion hebdomadaire… Je ne prends jamais de décision sans consulter mes collaborateurs. La seule chose que je ne délègue pas, c’est la création.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus autour de ce format Top Chef ? Qu’est ce qui vous motive chaque saison ? 

L’idée d’être dans une relation de transmission. Je vis à chaque fois une expérience enrichissante, au contact de candidats qui sont très attachants et talentueux. On découvre de sacrés talents et je n’ai jamais autant ri de ma vie ! On s’amuse beaucoup avec les autres membres du jury !

Comment pourriez-vous définir votre univers gastronomique ?

Je suis attachée aux produits, à leur qualité, leur provenance et leur fraîcheur. Je suis faite de tradition car je suis la 4ème génération de cuisiniers. Je travaille avec instinct et émotion afin de proposer une cuisine fidèle à sa sensibilité.

Quel est selon vous la recette hivernale incontournable ? 

Ma recette iconique : le poulet rôti .

Où trouvez-vous l’inspiration pour enrichir et sublimer vos plats? 

Dans mes rencontres, dans mes voyages, dans mon histoire personnelle, dans mon ADN.

Si vous deviez, vous définir par une gourmandise quelle serait-elle ?

Le gâteau basque.

Quels sont vos futurs projets ?

Lancer mon épicerie, j’aimerais aussi beaucoup continuer notre offre de vente à emporter ou la carte des Burgers de Joia mais pour cela il faut que je trouve un local à Paris.

Que peut-on vous souhaitez pour l’année à venir ? 

Que la situation actuelle s’améliore enfin, que nos restaurants puissent rouvrir sereinement et accueillir à nouveau notre clientèle qui nous manque beaucoup.